La grille AGGIR est l’outil national qui mesure la perte d’autonomie d’une personne âgée et la classe dans l’un des six groupes iso-ressources, du GIR 1 au GIR 6. Elle sert de base à l’attribution de l’allocation personnalisée d’autonomie (APA). L’évaluation est réalisée par une équipe médico-sociale du département, le plus souvent lors d’une visite au domicile.
- Dix variables observées dans les actes de la vie quotidienne déterminent le classement.
- Seuls les GIR 1 à 4 ouvrent droit à l’APA à domicile.
- La grille porte sur l’autonomie physique et cognitive, pas sur les besoins propres aux troubles psychiques.
- Le classement peut être révisé si l’état de santé évolue.
Quand un proche vieillit et que les gestes du quotidien deviennent compliqués, la question de l’aide à domicile se pose rapidement. Le classement AGGIR conditionne une grande partie des financements mobilisables. Mieux vaut en comprendre la logique avant le rendez-vous, plutôt que de découvrir le résultat une fois la décision notifiée.
La grille AGGIR, un outil d’évaluation de l’autonomie à domicile
La grille AGGIR, pour Autonomie Gérontologie Groupes Iso-Ressources, est un référentiel national utilisé depuis la fin des années 1990. Elle ne cherche pas à poser un diagnostic médical. Son rôle est plus concret : décrire ce que la personne parvient encore à faire seule chez elle et ce qu’elle ne peut plus accomplir sans appui.
L’évaluation repose sur dix variables dites discriminantes. Elles portent sur la cohérence et l’orientation, la toilette, l’habillage, l’alimentation, l’élimination, les transferts, les déplacements à l’intérieur et à l’extérieur, ainsi que la communication. Ces dix points pèsent directement sur le groupe attribué.
S’y ajoutent sept variables illustratives : la gestion des affaires, la préparation des repas, le ménage, les transports, les achats, le suivi du traitement et les activités de loisirs. Elles n’entrent pas dans le calcul du GIR, mais elles nourrissent le plan d’aide personnalisé proposé ensuite à la famille.
Les six groupes GIR et les droits qu’ils ouvrent
Le croisement des variables aboutit à un classement en six niveaux. Chaque groupe décrit un profil de dépendance et laisse entrevoir un volume d’aide possible.
| Groupe | Situation observée | APA à domicile |
|---|---|---|
| GIR 1 | Personne alitée ou en fauteuil, fonctions mentales altérées, présence continue nécessaire | Oui |
| GIR 2 | Personne alitée ou en fauteuil sans altération mentale, ou personne mobile dont les fonctions mentales sont altérées | Oui |
| GIR 3 | Autonomie mentale conservée, autonomie motrice partielle, aide plusieurs fois par jour | Oui |
| GIR 4 | Déplacements possibles dans le logement, aide pour les actes essentiels une fois par jour | Oui |
| GIR 5 | Toilette et habillage assurés seul, aide ponctuelle pour les repas et les soins | Non |
| GIR 6 | Actes essentiels de la vie courante réalisés sans aide | Non |
Le classement ne se lit pas comme une note. Une personne peut relever d’un GIR 3 pour des raisons motrices, tandis qu’une autre sera classée au même niveau pour des raisons cognitives, avec des besoins très différents. Deux voisins de GIR peuvent donc recevoir des plans d’aide qui n’ont rien à voir sur le terrain.
Qui remplit la grille AGGIR et comment se déroule la visite
La demande d’APA se dépose auprès du conseil départemental, à l’aide d’un formulaire accompagné de pièces justificatives : pièce d’identité, justificatif de domicile, avis d’imposition et relevé de retraite notamment. Une fois le dossier jugé complet, une équipe médico-sociale prend rendez-vous.
Cette équipe réunit en général un médecin, un infirmier ou une infirmière et un travailleur social. La visite dure souvent une heure, parfois davantage si la situation est complexe. L’évaluateur observe, questionne et sollicite la personne sur des gestes précis. Il ne s’agit pas d’un contrôle, même si l’exercice peut impressionner. Les réponses comptent, mais aussi ce que l’équipe constate de ses yeux.
À l’issue de la visite, un plan d’aide est proposé : nombre d’heures d’intervention, nature des prestations, reste à charge estimé. Les délais d’instruction varient d’un département à l’autre, et une notification arrive généralement quelques semaines plus tard.
Ce que la grille AGGIR mesure mal quand la personne vit avec un trouble psychique
C’est la limite la plus importante pour les familles concernées par la santé mentale. La grille AGGIR a été conçue pour objectiver des gestes, pas pour rendre compte d’une fatigue psychique, d’une désorganisation, d’une rupture de suivi ou d’une anhédonie qui rendent le quotidien impossible sans soutien.
Une personne peut se lever, se laver et se nourrir, donc obtenir un GIR 5 ou 6, tout en étant incapable de gérer un rendez-vous, de tenir un budget, d’ouvrir son courrier ou de sortir seule sans s’égarer. Le besoin d’aide est réel, mais l’outil ne le capte pas. Le classement obtenu ferme alors l’accès à l’APA à domicile, sans que la situation soit moins lourde pour l’entourage.
Dans ces cas, la visite reste utile pour documenter les difficultés. Il est possible d’expliquer à l’équipe ce qui se passe les mauvais jours, de signaler les hospitalisations répétées, les ruptures de traitement ou les périodes où la personne ne sort plus de chez elle. Ces éléments, même s’ils ne changent pas toujours le GIR, éclairent le travailleur social et peuvent orienter vers d’autres dispositifs : aide sociale à l’hébergement, prestation de compensation du handicap selon l’âge et la situation, ou accompagnement spécifique par une structure de psychiatrie.
Les erreurs fréquentes au moment de l’évaluation
La première erreur consiste à embellir la situation par pudeur ou par crainte d’être jugé. Un proche qui ferme les yeux sur la perte de poids, les vêtements sales ou les chutes répétées se prive d’arguments objectifs. Le mieux est de décrire les faits, sans exagérer ni minimiser : combien de fois par jour, à quelle heure, avec quelle aide.
La deuxième erreur est d’être absent le jour de la visite. Un aidant qui connaît l’état réel de la personne apporte des informations que celle-ci ne peut pas toujours formuler, par gêne ou par perte de conscience du danger. Sa présence n’enlève rien au droit de la personne évaluée à s’exprimer.
La troisième erreur touche au suivi administratif. Un plan d’aide refusé, réduit ou mal compris peut être contesté dans un délai défini par la notification. Sans date en tête, le recours devient difficile à exercer.
Enfin, beaucoup de familles oublient de préparer l’après-visite. Il faut parfois rappeler l’organisme, compléter une pièce, relancer un prestataire. Un dossier bien tenu fait gagner plusieurs semaines.
Préparer le rendez-vous et suivre les démarches du quotidien
Rassembler les documents avant la visite change la donne. Ordonnances, compte rendu d’hospitalisation, contrat d’aide à domicile en cours, coordonnées des intervenants : tout ce qui décrit la situation avec précision servira l’échange. Tenir un petit carnet des difficultés observées sur deux semaines donne aussi des exemples concrets, plus convaincants qu’un ressenti général.
La charge administrative pèse ensuite sur l’aidant. Entre les relances et les formulaires, les identifiants se perdent vite, un peu comme lorsqu’il faut se reconnecter au Portail famille Argenteuil pour boucler une inscription oubliée. Le réflexe utile consiste à regrouper dans un même dossier les références de chaque demande, en cours comme anciennes.
Le budget mérite la même attention. Un espace bancaire consulté régulièrement aide à repérer les mouvements inhabituels, qu’il s’agisse d’un Prélèvement b2b DGFIP qui apparaît sans explication ou d’un abonnement oublié. Prendre l’habitude d’ouvrir cacentrest ou l’application de sa banque une fois par semaine permet de suivre les dépenses liées aux interventions, aux courses et aux frais de santé, et d’ajuster avant que la trésorerie ne se tende.
Rien de tout cela ne remplace l’échange avec les équipes du département, mais la préparation fait la différence. Une famille qui arrive avec des faits datés, des documents rangés et une idée claire de ses besoins défend mieux la situation de son proche.
À partir de quel moment la grille AGGIR entre-t-elle en jeu ?
Elle intervient dès qu’une demande d’allocation personnalisée d’autonomie est déposée auprès du conseil départemental. C’est l’évaluation qui déclenche l’ouverture du dossier, sans condition d’âge stricte autre que celle prévue pour l’APA, fixée à 60 ans et plus.
Le classement obtenu peut-il être contesté ?
Oui. La notification indique les voies et délais de recours, généralement un recours administratif auprès du département, puis un recours contentieux devant la juridiction compétente. Il faut agir avant l’expiration du délai inscrit sur le courrier.
Une personne classée GIR 6 peut-elle recevoir une aide à domicile ?
Elle n’ouvre pas droit à l’APA, mais d’autres dispositifs existent : aide ménagère au titre de l’aide sociale, caisses de retraite, caisse d’allocations familiales, mutuelles ou services locaux. Le classement AGGIR ne résume donc pas tout l’éventail des soutiens possibles.
La grille AGGIR tient-elle compte des troubles psychiques ?
Elle les intègre partiellement, via les items de cohérence et d’orientation, mais elle reste centrée sur les gestes de la vie quotidienne. Les difficultés d’organisation, d’initiative ou de gestion du budget sont mal captées, ce qui peut sous-évaluer un besoin réel d’accompagnement.
Faut-il refaire l’évaluation si l’état de la personne change ?
Une demande de révision est possible en cas d’aggravation, et parfois en cas d’amélioration, pour ajuster le plan d’aide. Elle se formule auprès du département, avec les éléments justifiant l’évolution de la situation.
La visite d’évaluation est-elle payante ?
Non, l’évaluation réalisée par l’équipe médico-sociale du département est gratuite pour la personne et sa famille. Seules les prestations d’aide ensuite mises en place donnent lieu à une participation financière, calculée selon les ressources.